L’entrepreneuriat social comme solution face à l’exode rurale ?

entreprenariat social et solidaire
entreprenariat social et solidaire [source : Photo by Ross Findon on Unsplash]

L’entrepreneuriat social et solidaire place son efficacité économique au service de tous. Prophétisé dès 1993 par la Harvard Business school [1] et son programme « Social Enterprise Initiative », ces entreprises se servent de leurs profits comme d’un moyen et non comme d’une fin en soi. De plus en plus d’entrepreneurs, quel que soit leur statut juridique, se lancent dans une entreprise qui va s’organiser autour de principes simples.

Un entrepreneur social est donc en perpétuelle recherche de financements et de diversifications des ressources pour son entreprise. Il va chercher à mettre en place une gouvernance participative en y impliquant tous les salariés. Il va positionne la rentabilité de son entreprise au service d’une finalité environnementale ou sociale pour le bien de tous dans une zone géographique définie.

Pour être capable de bien comprendre son futur rôle et ce que l’on attend de lui, un chef d’entreprise sociale peut profiter de nombreuses formations réputées en entrepreneuriat social. Il aura le choix en l’ESSEC (Cergy), Grenoble de Management (Grenoble), l’EM Lyon (Lyon) ou encore Novancia (Paris).

entreprenariat social et solidaire

entreprenariat social et solidaire [source : Photo by Boudewijn “Bo” Boer on Unsplash]

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social ?

Le social business existe depuis les années 90. L’on doit la mise en place de ce nouveau concept d’entreprise au Nobel de la paix Muhammad Yunus, précurseur dans le microcrédit avec la Graamen Bank. Le principe d’une entreprise sociale est simple : celle-ci utilise sa rentabilité et ses profits pour les réinvestir auprès de la communauté dans laquelle elle est implantée. L’on parle alors de Social Business.

L’idée est d’apporter de réelles solutions aux problèmes que rencontre la société. Le social passe avant le profit. De nombreux secteurs demandent de l’aide comme l’emploi, la jeunesse, les seniors, la santé, la solidarité, la culture, la transition écologique ou l’action internationale.

Le social business est aussi présent en Europe

On prendra pour exemple le groupe SOS – une organisation sociale européenne qui regroupe plus de 950 entreprises et services, 18 000 salariés et cumule un CA de 950 millions d’euros. Bref, une belle réussite sur le marché du Social Business.

Une entreprise sociale se doit d’avoir des principes auxquels elle se tient. Muhammad Yunus, en a dressé une liste, lors du Forum économique de Davos, afin d’aider les entrepreneurs dans leur travail au quotidien.

Pour commencer, l’entreprise se doit de travailler pour enrayer la pauvreté, mais aussi supprimer les problèmes concernant la santé ou l’éducation. Elle pourra, aussi, offrir un accès à la technologie et ouvrir la communauté aux problèmes environnementaux. Son but ultime ne sera jamais de maximiser ses profits, mais se mettre au service de la communauté pour le bien de tous.

L’entreprise sociale doit être capable d’assurer sa viabilité économique et financière sur le long terme. De plus, tous les investisseurs récupèrent les sommes versées pour démarrer l’entreprise, mais ne touchent aucun dividende. L’argent est reversé dans les projets de l’entreprise afin d’apporter une aide concrète au maximum de personnes et de services. C’est ainsi, que l’entreprise s’agrandit, s’améliore et apporte une aide conséquente au quotidien.

Toute entreprise sociale respecte l’environnement, mais rémunérera aussi ses salariés au juste prix pour leur offrir d’excellentes conditions de travail. Mais surtout, le prix Nobel de la paix préconise un travail fait dans la joie et la bonne humeur !

Quels sont les enjeux d’une entreprise sociale ?

Les entreprises sociales sont une révolution dans le monde de l’entreprenariat. Elles comportent une dimension fortement sociale et apportent un engagement réel en permettant à de nombreuses personnes d’accéder à des conditions de vie supérieures.. Elles ne se contentent pas de travailler dans du social, mais aussi sur de nombreux projets dans divers secteurs.

Remettre la vie au cœur des villages

Il y a de moins en moins de vie sociale dans les villages français, c’est un fait. Il est, donc, important de pallier ce manque qui porte préjudice aux commerces ruraux. Pour cela, une association a décidé de lutter contre ce phénomène pour permettre aux Français de tisser des liens et de remettre de la vie au cœur de nos villages.

Entreprenariat social : l’exemple de 1000 cafés

En septembre 2019, le groupe SOS décide de lancer l’opération “1 000 cafés”. Cette entreprise numéro 1 dans l’économie sociale et solidaire en Europe fait le pari de revitaliser et apporter de la vie en reprenant 1 000 cafés dans les communes de moins de 3  500 personnes. Le but est de mettre en place un café au cœur d’un village qui n’a pas de bistrot. Ainsi, le groupe espère rehausser le potentiel de chaque commune dans laquelle il s’implante.

entreprenariat social exemple 1000 cafes

L’entreprenariat social, exemple des 1000 cafés pour la ruralité

Développer l’activité économique au cœur de la ruralité

Cette belle initiative venant du groupe SOS est porté par le gouvernement dans le cadre de “l’agenda rural”. Un café dans une petite commune va contribuer à la vie économique et offrir un lien entre les habitants selon 90 % des Français.

Pour cela, le groupe SOS a sollicité, pas moins de 32 000 maires en lançant un appel à projet pour des créations ou reprises de cafés multi-services. Conçus, avant tout, comme des lieux de convivialités, les cafés-bistrots apportent aussi divers services utiles à la communauté : point relais, point presse, épicerie ou achat de pain. Pour maintenir le projet à flot et en assurer la gestion, il est important que ce soit un binôme local qui le prenne en charge. Le succès des café-bistrots ruraux n’est plus à démontrer et représente un énorme potentiel en terme d’économie et de développement sur le long terme.

Se lancer soi-même dans l’aventure

Pour cela, il y a deux possibilités : reprendre un commerce fermé ou mettre en place un commerce qui n’existait pas avant. Si l’aventure vous tente, il vous suffit de postuler. Les maires de communes de moins de 3 500 habitants peuvent mettre à disposition des lieux de créations ou des commerces déjà implantés.

Pour valider un tel projet, il faudra que les particuliers se rapprochent de la mairie de la commune où ils souhaitent travailler. Toutefois, il y a certains critères à prendre en compte : le village ne doit pas avoir plus de 3 500 habitants, il ne doit pas y avoir de café ou alors un commerce sur le point de fermer et la commune doit être capable de fournir un local adapté pour un café-bistrot et permettre aux deux salariés d’avoir un logement sur place.

SOURCES

[1] : Programme de l’université Harvard sur le Social Business https://www.hbs.edu/socialenterprise/Pages/default.aspx

Nicolas

Nicolas est rédacteur chez viasolutions. Après un bac général en économie, il étudie le droit à la faculté et fait ses premières armes sur les réseaux sociaux; Il prendra le virage du web rapidement et se consacre depuis à la rédaction d'articles de société orienté B2B et B2C.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *